Comment les musées tirent profit des nouvelles technologies.

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Crédits : Sébastien Magro

Cette semaine, les musées du monde entier ont eu les yeux rivés sur la cinquième édition de MuseumNext, conférence sur l’innovation et l’usage de technologie dans les musées. L’occasion de revenir sur quelques tendances actuelles.

La réalité augmentée

La réalité augmentée est déjà exploitée depuis quelques années par des applications comme CultureClic, qui s’appuie sur les open data de la Bibliothèque nationale de France et de la Réunion des musées nationaux, rendant ainsi accessibles les collections de 1350 musées de France. On la retrouve aujourd’hui dans les applications dédiées aux lieux culturels, comme dans l’application officielle du Louvre-Lens, où le parc de sculptures se visite smartphone à la main. Sans oublier Blinkster, disponible pour certaines salles du Louvre et du Centre Pompidou, qui intègre des descriptions d’œuvres enrichies par les utilisateurs, permet de découvrir les œuvres du même auteur ou sur le même thème grâce à la réalité augmentée.

L’accessibilité

Au musée des Beaux-Arts de Budapest, comme dans la plupart des musées, on distribue aux visiteurs des audioguides. Bémol évident : cela réduit beaucoup l’information disponible aux sourds et malentendants. Pour pallier cet écueil, des audioguides-tablettes permettent de découvrir les descriptions des œuvres en langue des signes, pas seulement en hongrois, mais en plusieurs langues, histoire de satisfaire les visiteurs locaux aussi bien que les touristes.

La visite guidée sur twitter

Le 15 avril, à l’occasion de sa rétrospective Roy Lichtenstein, la Tate a confié son compte twitter à Iria Candela, co-commissaire de l’exposition, le temps d’une visite tweetée. Pendant 30 minutes, elle a présenté avec le hashtag #TateTour les pièces marquantes de l’exposition en les recontextualisant aussi bien dans l’histoire personnelle de l’artiste que dans l’histoire de l’art, images à l’appui. Elle a ensuite répondu aux questions des twitteurs sur l’exposition. Si on a déjà vu des hashtags dédiés aux visites d’expositions (en France, notamment grâce au groupe SMV, qui reprend les tweets marquants de ses rencontres dans storify), c’est la première fois qu’une institution se lance dans l’aventure. Une initiative qui inspirera sûrement de nombreux museogeeks.

L’intérêt de l’image partagée

Pour des questions de droits sur les tableaux qui ne sont pas encore tombés dans le domaine public ou tout simplement par la volonté des personnes morales ou physiques qui prêtent les œuvres exposées, il est bien souvent interdit de prendre des photos dans les lieux d’exposition. Résultat : les visiteurs connectés se retrouvent régulièrement à partager sur les réseaux sociaux quelques images volées, qui forment si elles sont bien prises une bonne publicité pour les lieux.

Face à la difficulté d’interdire efficacement de prendre des photos et conscients de l’intérêt que peut présenter la diffusion d’images, des musées ont choisi d’assouplir leur position et parfois même d’autoriser les photographies dans tout le musée, à l’image du musée Van Gogh d’Amsterdam, qui a choisi de ne plus frustrer les artstagrammers.

Hors ligne, on innove encore !

Carte Louvre, Laissez-Passer du Jeu de Paume ou du Centre Pompidou, les exemples de cartes payantes qui permettent d’accéder à des réductions et visites gratuites dans les lieux d’expositions ne manquent pas. Le musée de Dallas a choisi de créer au contraire un programme gratuit, sous forme de carte de fidélité. Chacun peut s’inscrire, et ensuite collecter des points à chaque visite, en assistant à un spectacle ou en partageant son expérience sur internet. Les points peuvent être utilisés aussi bien pour des avantages au musée (parcours de visite réservés, entrées gratuites…) qu’à l’extérieur, sous forme de bons de réduction dans les magasins ou restaurant partenaires.